Bilan

Comment la crise sanitaire a-t-elle impacté les liquides en mars

3 avril 2020 - Camille BOURIGAULT, Yves DENJEAN, Ugo BRUSETTI

Alors que l’épidémie de Covid-19 sévit depuis déjà plusieurs semaines en France, l’heure est au premier bilan au rayon liquides avec les données d’IRI. Après une phase de préparation puis de panique incitant les consommateurs à stocker, le marché des boissons semble désormais pâtir de la situation.

 

Phase 1

Durant la période du 24 février au 8 mars (semaines 9 et 10), le virus arrive dans l’Hexagone et commence à toucher plus sévèrement certains territoires dans le Nord et l’Est notamment. Les français se préparent alors à stocker des produits de première nécessité. Cela se ressent à travers les ventes de PGC qui augmentent de + 6 % en semaine 9 et + 10 % en semaine 10 selon IRI. Le rayon liquides est quant à lui globalement peu impacté et reste stable par rapport à la même période l’année précédente. Seuls quelques spiritueux tels que les rhums, gins, vodkas et téquilas sont vraiment bien orientés (+ 6 à + 9 %).

 

Phase 2

Du 9 mars au 17 mars (semaine 11 et 12), l’épidémie s’intensifie. Les mesures de distanciation sociale tombent les unes après les autres :

  • Jeudi 12 mars : Annonce de la fermeture des écoles
  • Samedi 14 mars : Annonce de la fermeture des commerces « non essentiels »
  • Lundi 16 mars : Annonce du confinement « total »

Les Français cèdent à la panique et se ruent dans les magasins. Ils font des stocks pour pouvoir alimenter leur foyer midi et soir puisque désormais l’ultra-majorité des repas sont pris à la maison (plus de cantines, restaurants, restaurants d’entreprises…). Les PGC font un bond de + 41 % en semaine 11 et + 31 % en semaine 12 selon IRI. Cette fois, le rayon liquides enregistre également les effets de ce raz-de-marée puisque son chiffre d’affaires s’envole de + 15 % en semaine 11. Grands gagnants de la période : les eaux et boissons sans alcool qui voient leurs ventes bondir de + 26 %. La plupart des segments sont par ailleurs bien orientés à l’exception des vins effervescents (dont les champagnes), des apéritifs et des alcools blancs (gins, vodkas et téquilas) qui commencent à pâtir de la situation en semaine 12.

 

Phase 3

La fin du mois de mars est marquée par un ralentissement de la consommation. Les Français appliquent désormais plus strictement les mesures de confinement et le trafic diminue en magasin. De plus, ils ont réalisé des stocks suffisants au cours des semaines précédentes. Le rayon PGC affiche toujours une croissance, à hauteur de + 5 % car les consommateurs continuent de prendre plus de repas à domicile malgré tout.

Côté liquides en revanche, les ventes ralentissent fortement. Le rayon enregistre un recul de - 14 % de son chiffre d’affaires sur la semaine du 23 au 29 mars selon IRI (semaine 13). Hormis les rhums qui affichent une progression de + 3 % par rapport à la même période l’année précédente, l’ensemble des catégories plongent y compris les segments les plus dynamiques tels que la bière (- 5 %). Le plus touché reste le Roi des vins : les ventes de champagne reculent de - 64 % en valeur. Une situation très compli​quée pour une catégorie déjà fortement impactée depuis l'an passé par la loi Egalim. 

 

Bilan de la période

Après avoir connu une période de croissance, puis d’effervescence, les boissons ont fortement subi la crise sanitaire au cours de la dernière semaine de mars. Ainsi, au global, le rayon liquide réussit à maintenir son chiffre d’affaires durant le mois de mars. Mais les semaines à venir seront déterminantes. Car si l’univers des boissons continue d’être aussi sévèrement impacté que sur les derniers jours du mois de mars, le mois d’avril sera redoutable pour l’ensemble des acteurs du marché.

 

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