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Consommation

L’eau du robinet nuit-elle à notre santé ?

17 juin 2020 - Magali MONNIER

L’association de défense de l’environnement Générations Futures publie ce jour un rapport d’études montrant que les pesticides retrouvés dans l’eau du robinet sont majoritairement suspectés d’être des perturbateurs endocriniens et peuvent également se révéler cancérigènes. Rayon Boissons vous propose d’y voir plus clair.

Plus des trois quarts des résidus de pesticides retrouvés dans l’eau du robinet sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens et/ou cancérigènes. C’est ce que révèle Générations futures, une association de défense de l’environnement agréée par le ministère de l’Ecologie depuis 2008, dans un rapport d’études publié ce mercredi 17 juin 2020.

Les résultats, basés sur les données 2019 du ministère des solidarités et de la santé, montrent clairement que des pesticides sont fréquemment retrouvés dans l’eau du robinet en France. On en recense effectivement dans 35,6 % des analyses les recherchant. Générations futures pointe néanmoins du doigt les grandes disparités sur la façon dont les analyses sont conduites d’un département à l’autre. En effet, ces derniers ne recensent pas tous le même nombre de pesticides.

Parmi les résidus retrouvés, ce sont principalement des molécules cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques et/ou suspectées d’être des perturbateurs endocriniens. Ces derniers représentent à eux seuls plus de la moitié des quantifications réalisées. « Etant donné le potentiel d’action à faible dose sur le long terme des perturbateurs endocriniens, Générations Futures considère ces données comme inquiétantes car elles attestent d’une exposition continue à des faibles doses par l’eau de consommation », commente François Veillerette, directeur de l’association, qui exige des actions de la part du gouvernement pour sortir l’agriculture de sa dépendance aux pesticides de synthèse.

Ces conclusions ont en effet de quoi alerter l’Etat mais également l’opinion publique qui pourrait alors trouver refuge auprès de l’eau en bouteille. « Les eaux minérales et de source sont définies par le code de la santé publique comme étant issues d’une source unique, préservée de toute pollution, microbiologiquement saine et n’ayant subi aucun traitement, expose Béatrice Adam, déléguée générale de la Maison des Eaux Minérales Naturelles. L’eau minérale naturelle peut également se voir reconnaître des propriétés favorables à la santé. » Les minéraliers s’efforcent d’ailleurs, depuis ces dernières années, de mettre en avant la qualité et la pureté de leurs eaux. Des arguments qui rassurent face à des études scientifiques qui sèment le doute sur la sûreté de l’eau du robinet. La présence récente de coronavirus dans cette dernière avait d’ailleurs récemment inquiété les Français. 10 % d’entre eux avaient ainsi privilégié l’eau en bouteille à l’eau du robinet pendant cette période, selon un sondage Opinion Way réalisé par Sodastream*. Entre réduire la pollution plastique ou préserver leur santé, il se pourrait que les Français soient face à un choix cornélien.

 

* Un échantillon de 1 110 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, a été interrogé les 24 et 25 mai derniers par Opinion Way selon la méthode CAWI (Computer Assisted Web Interview, soit questionnaires auto-administrés en ligne)

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