Jus de fruits : la hausse des matières premières au coeur des négociations commerciales

18 janvier 2011 - Marc Reidiboym

[...] Stables jusqu’à l’automne 2009, les cours mondiaux du concentré de jus d’orange ont subi à cette période une première hausse brutale, passant en quelques semaines de 1 000 à 1 500 $ la tonne. La barre des 2 000 $ fut franchie au printemps 2010, puis celle des 2 500 $ pendant l’été. Et ce n’est, semble-t-il, pas fini. « Certains fournisseurs anticipent déjà une mauvaise floraison au Brésil et nous annoncent 2 600 à 2 800 $ la tonne ! », déplore ce responsable des approvisionnements d’un grand embouteilleur. La situation n’est guère meilleure sur l’ananas, soumis aux faibles récoltes thaïlandaise et indonésienne. [...]

Toutefois, c’est sur les jus de fruits les plus vendus du marché que les inquiétudes sont les plus vives. A 1,60 € le kilo, le concentré de jus de pomme est deux fois plus cher qu’avant l’été. Un niveau de prix qui, parce qu’il coexiste avec les cours élevés de l’orange, pose des problèmes inédits aux fabricants.

« Si l’on ajoute à ces deux produits phares les multifruits, on dépasse les trois quarts des volumes de jus vendus en France, note Vincent Delozière, directeur général de Refresco France.Habituellement, la pomme joue le rôle de produit de substitution : les consommateurs se rabattent sur elle quand l’orange est chère et nous-mêmes augmentons son poids dans les multifruits. Ces transferts ont perdu une bonne partie de leur intérêt ».

La période actuelle, il est vrai, est un peu particulière. Aux aléas des récoltes s’ajoutent d’autres facteurs déterminants et – fait nouveau – durables. C’est le cas sur le jus d’orange, où le Brésil domine outrageusement les débats. Sa part de marché mondiale atteindrait 80 % sur la première transformation (extraction des jus et concentration éventuelle) et dépasserait les 90 % en France sur les concentrés. Or les numéros deux et trois brésiliens de l’extraction, Citrosuco et Citrovita, ont fusionné au printemps dernier. Reléguant l’ex-numéro un du marché, Cutrale, au troisième rang, cette opération a renforcé les soupçons d’entente qui pèsent sur la filière depuis des années. Le gouvernement brésilien lui-même s’en est ému en 2006, condamnant les principaux intervenants à de lourdes amendes. Cela n’a, de toute évidence, pas suffi…

Il reste bien sûr les purs jus espagnols. En France, on le sait, les jus à base de concentré (ABC) sont minoritaires sur le marché. Il est tentant de favoriser ce penchant naturel en exposant davantage encore les purs jus et en développant l’origine Espagne. Mais, là encore, rien n’est simple. Après une récolte 2009 catastrophique, beaucoup d’intervenants ibériques comptent sur la saison 2010 pour reconstituer leurs stocks.

[...] De mieux en mieux organisés, les planteurs n’acceptent plus les yeux fermés les conditions des industriels. Ils s’informent des cours mondiaux et se montrent nettement plus réactifs que naguère. Une tendance lourde qui dépasse le marché de l’orange et explique en partie l’inflation récente du jus de pomme. On voit mal, dès lors, comment des bouleversements aussi profonds pourraient rester sans conséquence. La matière première représente environ 60 % du prix de revient d’un jus de fruits à marque nationale. Ce chiffre monte à 80 % sur les premiers prix.[...]

Retrouvez l'enquête complète dans le N° de janvier 2011 de Rayon Boissons.

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