Rachat

Heineken et Carlsberg en appellent une dernière fois aux actionnaires de Scottish & Newcastle

10 janvier 2008 - Karine Ermenier

Il ne s’agit toujours pas d’une offre ferme de rachat de Scottish & Newcastle (S&N), propriétaire des Brasseries Kronenbourg. Alors qu’il est légalement contraint d’en formuler une avant le 21 janvier, le consortium constitué par Heineken et Carlsberg tente le tout pour le tout. Il vient en effet d’annoncer qu’il relevait son offre à 780 pence par action, contre 750 lors de sa dernière proposition. Objectif : encourager les actionnaires à convaincre le directoire de S&N de recommander la vente aux groupes Heineken et Carlsberg avant la date butoir du 21 janvier. De ce fait, le consortium n’aurait pas à réaliser une offre publique d’achat (OPA) hostile. S’il n’obtient pas l’accord des dirigeants de S&N dans les temps, le consortium affirme qu’il renoncera au rachat. A moins qu’un tiers n’annonce son intention de le faire. Auquel cas, adieu l’offre amicale !Le nouvel effort de 30 pence par action consenti par le consortium est financé à 83,3 % par Carlsberg. Lequel réévalue à 4,2 milliards £ (6,2 milliards €) le prix du rachat des 50 % de Baltic Beverages Holding (BBH) détenus par S&N. Cela répond à l’attaque formulée il y a quelques jours par Scottish & Newcastle. Ce dernier a assuré dans un communiqué qu’il obtiendrait le contrôle complet de BBH à l’issue de la procédure arbitrale qu’il a initié. Motif de cet hyper optimisme : selon le groupe britannique, son homologue danois aurait exploité des informations confidentielles concernant l’entreprise BBH, manquant ainsi à l’obligation de loyauté imposée par leur pacte. S&N espère de cette façon contrer les attaques de Carlsberg et d’Heineken. S’il obtient gain de cause, le Britannique délestera Carlsberg du seul motif qui l’incite à racheter S&N, à savoir BBH. Il estime par ailleurs à 134 millions d’euros les synergies qu’il pourra dégager du contrôle complet de ce dernier. La cour arbitrale de Stockholm doit rendre sa décision le 3 juillet prochain. D’ici là, tous les scenarii sont possibles. S&N peut accepter l’offre, 50 % plus élevée que le prix de l’action de S&N avant les rumeurs concernant son rachat (531 pence par action à l’époque). Ouvrant à Carlsberg et Heineken la voie d’une OPA amicale. Mais, version plus probable, S&N peut également refuser. Et attendre la décision du tribunal de Stockholm pour, le cas échéant, prendre entièrement le contrôle de BBH. Sachant cela, qui dit qu’Heineken et Carlsberg ne reviendront pas sur leur intention de ne pas opérer d’OPA inamicale avant le 21 janvier ? Surtout si un tiers se montre intéressé par S&N. Le suspens, mais aussi les tensions, sont à la hauteur des enjeux.

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