Concurrence

La Martiniquaise interdite de racheter les rhums Charrette, La Mauny et Trois Rivières

13 décembre 2011 - Jean-Louis Laboissière

Une déception. Et le mot est faible ! Voilà ce que ressent aujourd'hui le groupe La Martiniquaise, contraint de laisser filer les rhums La Mauny, Trois Rivières et surtout Charrette vers un autre destin... Leur rachat, dans le cadre de la reprise de Quartier Français Spiritueux (QFS) vient d'être empêché par l'Autorité de la Concurrence. « L'opération aurait conféré à la nouvelle entité des parts de marché de 64 % à 95 % sur les marchés de la vente de rhum en magasins alimentaires ainsi que le contrôle d'une large partie de l'outil de production de rhum dans les DOM », indique cette instance qui examine minutieusement ce dossier depuis février 2011. A travers ces chiffres de 64 % et de 95 %, l'Autorité de la Concurrence désigne les segments respectifs des eaux-de-vie de canne martiniquaises et réunionnaises. Petite consolation : La Martiniquaise s'empare de la société Fauconnier de Marconne (62) spécialisée dans les MDD. Une acquisition qui renforce l'influence déjà grande du N°2 français des alcools sur les marques propres des distributeurs et les produits d'entrée de gamme...

Certes Jean-Pierre Cayard n'est pas naïf. Le patron discret de La Martiniquaise (930 M€ de chiffre d'affaires en 2010) savait que la partie s'annonçait difficile sur le dossier QFS. Lui qui possèdait déjà une position privilégiée sur les rhums des DOM avec Dillon, Old Nick, Saint-James et Négrita avait clairement fait comprendre qu'il allait sacrifier La Mauny et Trois Rivières pour récupérer Charrette. Une marque emblématique et ultra-leader sur l'origine réunionnaise qui se place en troisième position des rhums blancs en Métropole, après Dillon et Old Nick, mais devant La Mauny et Saint-James. Tout un symbole pour Jean-Pierre Cayard qui tentait là un véritable coup de poker, l'un des plus gros coups de sa carrière. Mais avec prise de risque garantie !

Cette décision couperet à de quoi faire passer l'envie à La Martiniquaise de mener de nouveaux rachats. Du moins en France car l'horizon semble bouché sur le rhum comme peut-être sur le whisky. Le groupe qui devrait malgré tout dépasser rapidement le milliard d'euros de chiffre d'affaires - effet Fauconnier et croissance interne obligent - a-t-il toujours des vues sur William Peel ?

De son côté, la famille Thiéblin peut se réjouir. Elle voulait remettre la main sur la branche spiritueux de Quartier Français après avoir cédé l'ensemble de ses activités au sucrier Tereos en 2010. La solution La Martiniquaise écartée, les Thiéblin et leurs partenaires ont potentiellement la voie libre. Et pourraient donc rapidement passer à l'action...

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