Conséquences des nouvelles taxes

La chasse aux degrés est ouverte sur les liqueurs

9 janvier 2012 - Jean-Louis Laboissière

Soho a eu raison. Ou du moins a été visionnaire en changeant sa recette dès janvier 2011. Certes, Pernod dément avoir anticipé l'augmentation des taxes sur les alcools annoncée à l'automne dernier. Soho a troqué son alcool distillé contre une base d'alcool fermenté beaucoup plus légère fiscalement. Abandonnant au passage six degrés (15° contre 21°), la « liqueur » au goût de litchi a même quitté officiellement la catégorie des spiritueux. Désormais taxée comme du vin, Soho s'acquitte de quelques centimes de taxes hors TVA.

Une telle solution reste extrême. « Car elle modifie la texture et influence la perception gustative », constate un liquoriste. Mais elle demeure une hypothèse ultime pour des recettes avant tout incarnées par une marque et ne subissant pas le cahier des charges du whisky, du pastis ou de la vodka.

Car, sous la pression de la forte hausse de fiscalité, en partie liée à la teneur en alcool des spiritueux, les fournisseurs sont tentés de réduire les degrés. Rayon Boissons a notamment mené l'enquête auprès des intervenants dont les étiquettes indiquent entre 19° et 25°. Ceux qui trinquent de loin le plus avec + 45 % d'accroissement de leurs droits sur l'alcool en janvier 2012 ! Ils apparaissent en première ligne dans la chasse aux degrés voulue par le gouvernement dans le cadre du plan de financement de la Sécurité Sociale. Un programme qui surtaxe désormais les références à plus de 18° contre 25° auparavant. Résultat : Get 27 et Malibu s'acquittent de 1,40 €/litre hors TVA supplémentaire, soit un euro sur la bouteille 70 cl. Une réflexion est à l'étude chez ces deux marques emblématiques à 21° pour endiguer l'inflation. D'ailleurs, Malibu titre déjà 20° en Espagne. Tout est donc possible...

Chez Pisang Ambon et Manzanita, tous deux à 20°, le passage à 18° voire moins est lui probablement en voie de validation. Perdre seulement deux degrés représente pour eux une économie fiscale importante. Pas négligeable pour rester compétitif sans entraîner une rupture gustative marquée. Quant aux liqueurs modernes des marques de distributeurs qui se doivent d'être bien plus attractives en prix que les grandes signatures, elles ont encore moins de réserve à s'attaquer aux références titrant plus de 18°. Et hors liqueurs modernes, les curaçao et autres triple sec à 25° sentent aussi le vent du boulet. Face à la menace fiscale, ils pourraient même faire le grand saut en perdant jusqu'à sept degrés [...].

Le dossier complet sur le marché des "Liqueurs" est à retrouver dans le N° de janvier 2012 de Rayon Boissons qui vient de paraître.

Renseignements : Anne Pillet au 02 99 32 21 21

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