Stratégie

Castel reste concentré sur les vins en France

17 juin 2015 - Benoît Moreau

L'entrée dans le capital de Marie Brizard fait resurgir les rumeurs de diversification d'activités du groupe sur le marché français. Pourtant, Castel entend rester uniquement sur le métier du vin dans l'Hexagone.

Pierre Castel

« La force de vente de Castel intégrera-t-elle un jour William Peel ou Sobieski dans son portefeuille de marques en France ? » La question sous forme de boutade fait sourire Franck Crouzet. Le directeur de la communication de Castel balaie pourtant d'un revers de main l'éventualité que son groupe puisse commercialiser des spiritueux sur le marché français. La participation dans Marie Brizard Wine & Spirits n'y changeant rien.

« L'entrée dans le capital de Belvédère doit nous permettre de mesurer le potentiel de développement des spiritueux en Afrique, précise-t-il. C'est un partenariat comme nous en avons avec d'autres opérateurs des alcools ou de la bière. » Le rapprochement avec Diana Holding, le nouvel actionnaire de référence de Marie Brizard (cf. communiqué ci-dessous), entre dans une logique de complément d'assortiments sur les marchés africains. « Rien de plus », insiste Franck Crouzet. Lequel rappelle au passage que c'est la holding de tête présidée par Pierre Castel qui a piloté le partenariat avec la société marocaine détenue par la famille Zniber et en aucun cas une entité commerciale du groupe.

« Aujourd'hui, Castel a bien vocation à rester en France uniquement sur le métier du vin », souligne le directeur de la communication. Pas question donc « d'importer » vers l'Hexagone de nouvelles activités. Acteur incontournable sur le marché mondial de la bière avec une trentaine de millions d'hectolitres essentiellement commercialisés en Afrique, Castel ne veut pas remettre en cause les engagements contractés à l'international avec d'autres brasseurs en venant ferrailler en France contre Heineken, Kronenbourg, AB InBev ou Sab Miller.

Pierre Castel se veut un homme de parole. C'est d'ailleurs ce qui le pousserait à
ne pas revenir sur le marché des eaux embouteillées alors même que les opportunités de rachats ne manquent pas (lire ici). Sept ans après avoir revendu sa participation dans la holding Alma, propriétaire notamment de Cristaline, Courmayeur ou St-Yorre, Pierre Castel entretiendrait de bonnes relations avec son ancien partenaire Pierre Papillaud.

Agé de 88 ans, l'entrepreneur semble être passé à autres choses. Et puis la cession en 2008 de 60 % de ses parts dans Alma a rapporté 860 millions d'euros à son groupe. Cette manne lui a servi à investir dans ses brasseries africaines mais aussi à réaliser de jolies emplettes sur le marché français des vins.

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Pour aller plus loin :

Le dernier communiqué de Diana Holding pour justifier la prise de participation du groupe Castel :

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LETTRE OUVERTE AUX ACTIONNAIRES DE belvedere

Paris, 16 juin 2015

En prévision de la prochaine assemblée générale du 30 juin prochain et au regard des informations qui circulent à propos de notre démarche, il est devenu indispensable d’apporter aux actionnaires quelques éclaircissements et de rétablir quelques vérités.

Nous, DIANA HOLDING, représenté par ses deux administrateurs présents au conseil d’administration de BELVEDERE, rappelons que, dès l'entrée de notre Groupe Familial au capital de cette société, nous n’excluions pas d’en prendre le contrôle, conformément à nos déclarations à l’AMF, faites dès septembre 2014.

Notre montée au capital, il faut en convenir, aura très largement contribué au déclenchement d'une plus-value sur le titre, faisant passer le cours du simple à plus du double en moins d'un an. Cette belle tendance ne s'étant pas démentie et s'étant même renforcée à chaque déclaration de franchissement de seuil par DIANA HOLDING seul, puis avec le Groupe CASTEL, ensuite.

Une démarche constructive, transparente et partagée

Comment alors ne pas considérer notre démarche comme étant transparente et constructive à travers le concert formé par DIANA HOLDING et le Groupe CASTEL ? Ce concert, est-il bon de le rappeler, étant la préfiguration d’un noyau dur d’actionnaires engagés sur le long terme au service de BELVEDERE/Marie Brizard Wine & Spirits, avec le projet de le placer dans le Top Ten mondial du secteur des vins et spiritueux à l'horizon des cinq à dix ans.

Ce concert est celui d’industriels du secteur, investis au capital à hauteur de plus de 23% à ce jour, disposant de réseaux de distribution à même de compléter harmonieusement ceux de BELVEDERE/Marie Brizard Wine & Spirits et désireux de développer des synergies industrielles et commerciales fortes avec cette entreprise.

Nous souhaitons pour renforcer le conseil d’administration de BELVEDERE/Marie Brizard Wine & Spirits, proposer des administrateurs indépendants et en particulier des experts des secteurs vins et spiritueux. Ces experts, rejoints par un représentant des petits porteurs, analyste financier de son métier, disposent ensemble des compétences nécessaires, qu'elles soient financières, commerciales ou marketing, pour rejoindre le conseil d’administration que nous projetons.

Notre ferme volonté de disposer pour BELVEDERE/Marie Brizard Wine & Spirits d'un conseil d'administration non seulement investi, engagé, mais professionnellement représentatif est un acte de foi envers son actionnariat et puise sa légitimité dans la démarche responsable de groupes familiaux, qui s'investissent et se projettent sur le long terme.

C'est ainsi, autour d'un noyau dur de professionnels, que nous comptons participer au futur de BELVEDERE/Marie Brizard Wine & Spirits, en continuant d'offrir une réelle ouverture vers tous ceux dont les intérêts mutuels représenteront de nouvelles opportunités de croissance pour l'entreprise.


Si, sur les quatre administrateurs démissionnaires, certains n'étaient pas réélus lors de la prochaine assemblée générale, alors qu'ils ont tous confirmé vouloir l'être, nous prenons l’engagement de faire évoluer le conseil d’administration en l'ouvrant à d’autres professionnels, en parfaite intelligence avec le Comité de Direction (Comex) et Jean-Noël Reynaud, le Directeur Général de l’entreprise, avec qui nous partageons une confiance réciproque.

Dès lors, la composition du conseil d’administration de BELVEDERE pourrait, en tout état de cause, évoluer de 8 à 12 administrateurs, par exemple et les poids relatifs de DIANA HOLDING et du Groupe CASTEL seraient de fait dilués.

Un cap ambitieux mais des moyens pour l’atteindre

Pour revenir sur notre projet, comme j'ai déjà pu le confirmer à plusieurs reprises, notre engagement à soutenir et à accélérer le plan BIG 18, élaboré par Jean-Noël Reynaud et ses équipes, est au cœur de nos préoccupations.

La mise à disposition via les réseaux de DIANA HOLDING et du Groupe CASTEL de nouvelles zones géographiques à fort potentiel de croissance, notamment en Afrique et en Asie, représente de nouvelles opportunités dont les fruits seront d'un réel apport au Plan BIG 18.

A titre d'exemple, la mise en service par DIANA HOLDING d'une plateforme logistique sur la Zone Franche de Tanger, à destination des marchés africains, qui sera opérationnelle dans quelques semaines, aura un impact certain sur le développement commercial de BELVEDERE/Marie Brizard Wine & Spirits.

Par souci de transparence et d'équité, il est d’ailleurs rappelé que tous les contrats de distribution impliquant DIANA HOLDING ou le Groupe CASTEL feront l'objet de conventions réglementées, soumises à l'appréciation des Commissaires aux Comptes et à la validation de l'assemblée générale. Ces contrats n'ayant d'autres buts que d'assurer une équitable répartition de la valeur créée par et pour tous les partenaires.

En plus de la proposition de faire entrer un administrateur représentant les petits porteurs, DIANA HOLDING a fait la proposition, retenue par le conseil d'administration du 8 juin dernier, de rationaliser les différentes générations de BSA via la mise en œuvre d'une Offre Publique d’Echange (OPE), avec un double objectif : premièrement, neutraliser autant que possible la dilution des actionnaires et l’impact sur le cours et, deuxièmement, scinder en deux phases la levée de fonds propres additionnels, l’une début 2016 à 20 euros et l’autre avant 2023 à 25 euros.

Cette proposition ayant pour but de financer rapidement la sortie anticipée du Plan de Continuation, véritable contrainte à la croissance, qu'elle soit organique ou externe, et de donner à BELVEDERE/Marie Brizard Wine & Spirits les moyens de ses ambitions, et ce dès 2016.

A ce titre, au-delà de la présence au capital d'industriels tels que DIANA HOLDING et le Groupe CASTEL, qui apporteront sans aucun doute une "caution" supplémentaire auprès des organismes de financement, cette opération permettra de renouer des relations normalisées avec la place bancaire, dotant ainsi BELVEDERE/Marie Brizard Wine & Spirits de tous les leviers nécessaires à son développement.

Nous regrettons cependant que les débats devenus " cacophoniques" engagés depuis la semaine dernière ne se soient pas déroulés au sein des organes idoines et aient été portés sur la place publique par certaines "instances".

Dans cet ordre d'idées, nous sommes fortement interpellés par la manière dont il faut interpréter le dépôt de résolutions par l’actionnaire SPC Lux, demandant la révocation de trois administrateurs, dont deux représentants de DIANA HOLDING et ceci, concomitamment à leur déclaration de franchissement de seuil à la baisse, les ramenant de 6,97 % très récemment à 4,8 % aujourd’hui.

Notre position ferme et inébranlable de croire en l’avenir de BELVEDERE/Marie Brizard Wine & Spirits nous conduit à maintenir notre démarche, tout en souhaitant ardemment que cet épisode de turbulences soit définitivement clos.


Nous croyons en la nécessité aujourd'hui, après la normalisation de BELVEDERE, de poser sans plus attendre les jalons indispensables à la réussite de cette nouvelle phase de son histoire et savons pour cela pouvoir nous appuyer sur le soutien et la motivation des équipes opérationnelles.

Aussi me permettrai-je de citer brièvement Jean-Noël Reynaud : " ..., de la même manière que vous nous avez réitéré votre confiance, je tiens à vous assurer à nouveau du soutien et de la motivation des équipes opérationnelles." dont nous ne doutons pas de l’adhésion à tout projet faisant du sens pour l’entreprise.

Rita Maria Zniber

Présidente Directrice Générale de Diana Holding

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