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Douche froide pour le cabernet d’Anjou [F. Guyard]

15 Octobre 2009

Il n’y a pas encore de quoi tirer la sonnette d’alarme mais la situation est devenue préoccupante. Les volumes de cabernet d’Anjou, cinquième appellation du rayon vins en volume et leader des AOC de Loire, commencent à manquer. La récolte 2009 est attendue avec impatience par de nombreux opérateurs pour à faire le lien avec le 2008. « En général, la mise en marché se fait au mois de janvier qui suit les vendanges. Mais cette année, on devrait libérer les volumes à la mi-décembre, date limite autorisée par le décret d’appellation, s’inquiète un négociant. Seulement, cela ne va pas résoudre le problème de pénurie car le millésime 2009 n’est pas très généreux. La gestion des disponibilités s’annonce tendue. »

La production tente de s’organiser en amont avec de nombreux transferts des rouges vers le rosé à condition que ce soit plus rémunérateur. Ce n’est pas toujours le cas, le cabernet d’Anjou rapportant souvent moins qu’un anjou rouge et que des appellations villages. « C’est surtout une solutionde débouché pour le rosé d’Anjou, à base notamment de grolleau qui n’est pas le cépage le plus noble et dont le prix est inférieur au cabernet », poursuit un négociant.

Cette mesure s’annonce toutefois insuffisante pour contenir l’inévitable hausse des cours toutefois. L’hectolitre de cabernet d’Anjou 2008 se négocie déjà 20 % plus cher que le 2007 au prix moyen de 150 €. Ce qui en fait le niveau le plus élevé des rosés AOC dans l’Hexagone, devant les côtes de Provence.

En magasins, les effets de ce renchérissement se font sentir. Selon Iri-France, le cabernet d’Anjou a vu ses volumes annuels se stabiliser à fin août alors que ceux-ci enregistraient des progressions à deux chiffres depuis près de dix ans. Pis, sur la période estivale, les sorties de l’appellation ont chuté de – 13,2 % pour une hausse du chiffre d’affaires de + 1,7 %. Un écart de tendances qui atteste très clairement d’une forte valorisation du prix de vente. « Nous avons été obligés de limiter les opérations pour être certains de pouvoir alimenter le fond de rayon », explique Pascal Chiaroni, directeur d’Alliance Loire. Malgré ces difficultés, certains opérateurs y voient des signes encourageants comme l’appauvrissement des premiers prix ou le fait que les vins rosés édulcorés étrangers n’ont pas joué le rôle de substitution souhaité par quelques distributeurs. Gare toutefois à ne pas trop tirer sur la corde.

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