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Castel accentue son leadership à Bordeaux [Yves Denjean]

28 Mai 2008

Pierre Castel a toujours autant d’appétit ! Un mois après s’être retiré du marché des eaux (cf. Rayon Boissons mai 2008 p.41), l’octogénaire continue à investir dans le monde du vin en rachetant Oenoalliance, négoce bordelais qui figure parmi les dix plus importantes entreprises du vignoble. La vente porte uniquement sur les activités girondines réalisées sur le site de Beychac et Cailleau. La Socav, filiale bergeracoise d’Oenoalliance ne fait pas partie de la transaction, le groupement coopératif Unidor serait sur les rangs pour la reprise de cette structure. Créée en 1999, le groupe Oenoalliance qui a réalisé en 2007 un chiffre d’affaires de 47 millions d’euros (André Quancard André, Viniyrama, etc.) connaissait des difficultés depuis quelques années (voir encadré). Le groupe Castel renforce donc encore un peu plus sa présence déjà bien établie dans le Bordelais. Il est en effet propriétaire de 14 châteaux, 2 700 ha de vignes sans oublier le siège social et l’outil industriel basé à Blanquefort où sont conditionnés près de 110 millions de cols. Quel intérêt alors de racheter cette société de négoce ? « L’activité d’Oenoalliance est parfaitement complémentaire à la nôtre, explique Franck Crouzet, directeur de la communication du groupe Castel. Cette entreprise est présente sur tous les marchés en France, sur les réseaux RHF et grande distribution, mais aussi à l’export. » Oenoalliance réalise en effet 40 % de son chiffre d’affaires à l’étranger notamment en Belgique et en Russie. Ce dernier pays est du reste l’un des marchés prioritaires pour le groupe Castel. Côté produits, les équipes commerciales d’Oenoalliance proposent une large gamme de produits allant des MDD aux produits réservés en passant par les grands crus et les « petits châteaux ». Sans oublier que cette entité possède un grand nombre de marques commerciales (Clossmann, Galhaud, etc.) issues des différentes filiales qui ont composé ce groupe. « Nous allons conserver l’entité d’Oenoalliance qui continuera à fonctionner sous le même nom », précise Franck Crouzet. Le groupe Castel compte aussi conserver l’activité de prestation qui était réalisée au sein de la filiale Oenoproduction. Cette société conditionne pour quelques négoces de la place. Et non des moindres ! Prodis (filiale du groupe carrefour), mais aussi Sovex réalisent toutes leurs productions sur le site de Beychac et Caillaux. Chaînes d’embouteillage, chais de stockage et d’expédition, cet outil de production répond aux normes internationales de qualité (BRC, IFS, Ecorcert). « Nous envisageons d’effectuer quelques investissements techniques et d’équiper le site d’une station de traitements des eaux », ajoute Franck Crouzet qui se veut rassurant quant à l’avenir de cet outil industriel. « Il est hors de question de regrouper la production à Blanquefort où nous venons de réaliser un programme d’investissement de cinq millions d’euros », poursuit le responsable de la communication du groupe Castel. Avec 40 millions de cols, le site de Beychac et Cailleau est loin d’avoir atteint son potentiel qui s’élève à 70 millions d’unités. Et le porte-parole de Castel de conclure : « à nous de trouver de nouveaux débouchés pour utiliser au mieux ce potentiel ».