Rayon-Boissons / Vins / Affaire Raphaël Michel : Carrefour suspend ses approvisionnements

Vallée du Rhône

Affaire Raphaël Michel : Carrefour suspend ses approvisionnements [C.S.]

19 Juillet 2017

La mise en examen pour fraude et escroquerie de la société Raphaël Michel et de son dirigeant provoque de nombreuses réactions. Alors que le syndicat général des vignerons des côtes-du-rhône s'est porté partie civile, Carrefour a confirmé à Rayon Boissons avoir suspendu ses approvisionnements avec le spécialiste du vrac. Comme d'autres...

Photo DR

L'unité de production de Raphaël Michel

.

Les conséquences de l'affaire Raphaël Michel se multiplient. Pour rappel, Guillaume Ryckwaert, le dirigeant de l’entreprise, a été mis en examen le 29 juin dernier pour escroquerie et tromperie.En attendant d'en savoir davantage sur les conclusions de l'enquête, les réactions sont nombreuses.

Contacté par Rayon Boissons, Carrefour a confirmé avoir décidé de suspendre l’intégralité de ses approvisionnements auprès du négociant vracqueur Raphaël Michel. « Nous avons appris qu’une enquête est en cours, explique le groupe Carrefour. À titre conservatoire et par principe de précaution, nous suspendons nos approvisionnements jusqu’à ce que la lumière soit faite sur les faits reprochés à l’entreprise. » Selon maître Olivier Morice, avocat de l’entreprise qui conteste la totalité des faits, le règlement de cette affaire de part sa complexité « prendra plusieurs années. » D'après nos informations, Carrefour n'est pas cas isolé et d'autres clients de Raphaël ont également stoppé leurs achats de vin.

En début de semaine, le syndicat général des vignerons des côtes-du-rhône vient d'annoncer qu’il se porte partie civile dans le dossier d’instruction mettant en cause la société Raphaël Michel. Selon le syndicat général qui a eu accès au dossier « les premiers éléments confirment la gravité des faits reprochés à la société Raphaël Michel. » Plusieurs centaines de milliers d’hl de vin auraient été vendus sous l’appellation côtes-du-rhône alors que le vin provenait d’assemblages et ne relevait en aucun cas de cette appellation.

Pour Philippe Pellaton, président du syndicat, « il est impensable pour nous de ne pas être partie et acteurs dans une procédure mettant directement en danger les vignerons dont nous assurons la protection. Nous ne laisserons ni nos exploitations être victimes d’escroquerie, ni nos AOC usurpées. » L’organisme a par ailleurs mis en place un numéro d’appel destinés aux vignerons qui fournissaient le négociant vraqueur. Objectif, cerner au plus près les situations auxquelles sont ils confrontés et faire en sorte qu’ils soient payés au plus vite.

Inter Rhône et l’Union des Maisons de la vallée du Rhône (UMVR) pourraient également se constituer partie civile. Pour sa part, Raphaël Michel par la voie de son avocat Maître Olivier Morice, conteste les faits qui lui sont reprochés.