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Portrait de Michel Penn, adhérent Leclerc et chef de marché du GT liquides au Galec

20 Juin 2018

Depuis vingt ans, Michel Penn est à la tête des achats liquides de Leclerc au niveau national. Une longévité hors norme pour ce Finistérien aussi attaché à ses racines bretonnes qu’à œuvrer pour son enseigne.

Photo Rayon Boissons

Il montre le gin rosé qu’il vient de référencer, puis s’arrête devant les whiskies américains avant de longer le rayonnage dédié aux bières artisanales. Arpenter les linéaires boissons du Leclerc de Brest avec Michel Penn est un privilège aussi rare qu’instructif. Son expertise sur ce marché invite au respect. Depuis maintenant trois décennies, l’adhérent breton officie au sein du groupe de travail liquides du Galec. Mieux : il vient de fêter ses 20 ans à la tête du « GT2 », comme on dit chez Leclerc.

Une longévité hors norme pour une fonction aussi prenante. La règle veut normalement qu’on ne dépasse pas les huit ans, soit un mandat de quatre ans renouvelable une fois. « Je suis un cas à part », sourit Michel Penn. Ce long bail lui a permis d’imprimer un état d’esprit propre au groupe de travail liquides. « Michel Penn a toujours intégré les permanents au séminaire de son GT », relève une ancienne cadre du Galec rattachée aux liquides. « Si le GT2 fonctionne, c’est d’abord grâce à la bonne entente entre les permanents et les adhérents », insiste Michel Penn. Le chef de marché liquides de Leclerc sait aussi qu’il peut s’appuyer sur un contingent fourni et expérimenté avec une douzaine de permanents et 24 adhérents. Avec toutefois un regret : « ne pas avoir eu de femmes parmi les équipes d’adhérents. »
Du haut de ses 65 ans, le Finistérien avoue ne s’être jamais ennuyé en tant que chef de marché liquides. « Pour tenir aussi longtemps, il faut avoir la santé et savoir déléguer, consent-il. Il faut aussi être capable de résoudre une multitude de problèmes les uns après les autres tout en ayant la force de passer au-dessus de certaines difficultés. » Même délesté depuis deux ans du Leclerc de Morlaix (29) repris par son fils Alexandre, Michel Penn doit composer avec un agenda rempli.

Depuis 2010, il occupe la vice-présidence du fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture à Landerneau (29). « Cela me prend beaucoup de temps mais c’est passionnant », reconnaît Michel Penn. Le patron du GT liquides n’avait pourtant rien d’un féru d’art contemporain. « C’est à la demande de monsieur et madame Leclerc, ainsi que de leur fils, Michel-Édouard, que j’ai accepté cette responsabilité », confie-t-il. Pareille marque de confiance ne se refuse pas. D’autant que le parcours de Michel Penn au sein du mouvement Leclerc est intimement lié à celui de son fondateur. Avant de devenir adhérent en 1988, il a pris en effet la direction de l’hypermarché de Landerneau que possédait Édouard Leclerc. « J’ai eu la chance de côtoyer au quotidien monsieur Leclerc et son épouse », souligne avec émotion Michel Penn.
Joueur de foot
Ses premiers contacts avec l’enseigne démarrent pourtant dès 1977. Diplôme d’ingénieur agronome en poche, Michel Penn accepte un poste de commercial chez BSN (ex-groupe Danone) où il a notamment en charge le suivi des « sca » bretonnes et normandes de Leclerc. « Ce travail me permettait de rentrer tous les soirs afin de m’entraîner avec mon équipe de football », explique celui qui a joué pour le club de Saint-Pol-de-Léon en division 3, au plus haut niveau amateur. Plus jeune, Michel Penn avait même reçu des propositions pour devenir footballeur professionnel au Stade Rennais. Son père, expéditeur de légumes, avait refusé. Les études passant avant tout.
Ironie du sort, c’est une rencontre en 1984 avec François-Paul Bordais, dans les travées du Stade Brestois, un soir de match, qui va faire basculer la carrière de Michel Penn. Le bras droit d’Édouard Leclerc, qui décédera tragiquement deux ans plus tard, le convainc de rejoindre l’enseigne. « Quand j’étais commercial pour BSN, j’avais pu m’apercevoir que les magasins Leclerc étaient les meilleurs et j’avais déjà comme objectif de devenir un jour adhérent », se souvient Michel Penn. En 1988, c’est l’aboutissement de son rêve. Michel Penn se voit proposer la reprise d’un Leclerc dans le centre-ville de Brest. Cela tombe bien car, pour lui, « il était hors de question de quitter le Finistère. »

Par Benoît Moreau

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