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Portrait de Hans-Peter Wild, propriétaire de Capri-Sun et du Stade Français Paris

28 Novembre 2017

Détenteur de la marque Capri-Sun, le docteur Hans-Peter Wild est à la tête d’une fortune estimée à plus de trois milliards d’euros. Un pécule qui lui permet d’investir dans sa passion : le rugby.

Photo DR pour Rayon Boissons

C’est dans la poche pour ce mordu de rugby. Hans-Peter Wild est sorti vainqueur de la mêlée en étant choisi par Thomas Savare, l’ancien patron du Stade Français Paris, pour devenir le propriétaire du club de rugby basé au stade Jean-Bouin en juin dernier. Une décision qui réjouit le mécène allemand. « Cette opportunité est arrivée au bon moment. Le timing était parfait, a expliqué Hans-Peter Wild lors de la passation officielle en juin dernier. Avant cela aurait été trop tôt, après sans doute trop tard. Je n’aurais pas pu imaginer reprendre un club comme le Stade Français. »

Mal connu du grand public, Hans-Peter Wild est pourtant loin d’être sur la touche. Depuis son fief 
à Zug, en Suisse, il tient les rênes de l’entreprise familiale créée par son père, Rudolf Wild, en 1931. Après l’avoir développé à l’international sur le marché des additifs alimentaires, celui que l’on appelle « docteur » l’a cédé à une firme américaine pour trois milliards de dollars en 2014.

Seule rescapée de cette vente : la marque Capri-Sun, lancée en 1969, qu’Hans-Peter Wild a conservé dans son giron. Distribuée en France par Coca-Cola European Partners (CCEP), la boisson aux fruits plate est rapidement devenue un best-seller des formules pour enfants. Les raisons de son succès ? Un packaging innovant, nomade et ludique muni d’une paille ainsi qu’une boisson élaborée sans colorant ni conservateur. Depuis son lancement dans l’Hexagone en 2007, Capri-Sun a écoulé la bagatelle d’un milliard de poches. Et ses performances ne s’essoufflent pas. Sur douze mois arrêtés à fin mai, la signature a réalisé un chiffre d’affaires de 74,3 millions d’euros tous circuits confondus. Soit trois fois plus qu’il y
 a cinq ans. Sponsor du Stade Français, Capri-Sun s’affiche désormais sur les maillots des joueurs. De quoi renforcer davantage sa notoriété, qui atteint déjà un score record de 84 % auprès des familles avec enfants en France.

Âgé de 76 ans, le docteur assouvit désormais sa passion pour l’ovalie, autre héritage de son père. 
« À mon âge, j’ai envie de m’amuser, et le rugby le permet quand on a beaucoup d’argent, a commencé Hans-Peter Wild lorsqu’il a pris les clés du club parisien. Si j’avais voulu réaliser un investissement rentable, j’aurais choisi l’hôtellerie. Je suis prêt à perdre 10 millions d’euros par saison, mais j’espère quand même équilibrer les comptes au bout de trois ans. » Dans cette aventure, le mécène allemand s’est entouré de proches. À commencer par Hubert Patricot, l’ancien directeur Europe de Coca-Cola Entreprise (anciennement CCEP). « Nous avons tissé des liens d’abord professionnels puis amicaux. Et comme il se trouve qu’on aimait tous les deux le rugby, il n’a pas fallu plus pour se motiver et être enthousiaste », exposait le nouveau président exécutif du Stade Français Paris.

Plusieurs aventures dans le sport

Le docteur Wild, il est vrai, n’en est pas à son coup d’essai dans le monde du sport. Il avait déjà fait 
de Muhammad Ali l‘égérie de sa marque dans les années 1970 tandis qu’en 1981 et 1982, il était propriétaire de l’équipe cycliste Capri-Sonne. Mais c’est dans le rugby que le patron de Capri-Sun s’est le plus illustré avec la création, dès 2007, de la Wild Rugby Academy dans sa ville natale d’Heidelberg 
en Allemagne.

Baptisée le Marcoussis (le centre d’entraînement du XV de France) du rugby allemand, la structure accueille près de 6 000 joueurs à l’année. Au mois d’août, l‘équipe du Stade Français a d’ailleurs rejoint les rangs de l’académie allemande pour un stage d’une semaine. Et les synergies entre les deux entités ne devraient pas s’arrêter là. Reste à savoir 
si le milliardaire parviendra, cette fois encore, 
à transformer l’essai.


Justine Bessaudou

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