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Portrait de Bernard Jacob, directeur général d’Orchidées Maisons de vin

8 Mars 2018

En l’espace de 15 ans, il a fait d’une entreprise au bord du gouffre le premier opérateur du Val de Loire. Entre restructuration, acquisitions et transformation, Bernard Jacob est devenu une figure incontournable du vignoble.

Photo Rayon Boissons

C’est le genre de sourire qui ne trompe pas. Le 7 décembre dernier, lors de la présentation à la presse de la nouvelle identité du groupe, Bernard Jacob n’a pas boudé son plaisir. D’ordinaire plutôt sobre dans les mots, le directeur général d’Orchidées Maisons de vin, anciennement Ackerman, était particulièrement enthousiaste au moment d’annoncer la nouvelle stratégie du groupe qu’il dirige.

Leader du négoce ligérien avec 80 millions d’euros, premier vinificateur du vignoble avec 150 000 hl, à la tête de fleurons tels les Vignobles Beaujeau ou le château de Sancerre, acteur historique des effervescents, la maison bicentenaire née en 1811 a toutes les cartes en main pour durer encore très longtemps. Et plus que jamais, elle sait ce qu’elle doit à son dirigeant actuel.

Il faut dire que depuis le passage à l’an 2000, Bernard Jacob a lié son destin à celui de Rémy Pannier, alors au bord du gouffre. Tout juste promu directeur de la cave des Vignerons de Saumur, il vient au chevet du négociant en participant activement à la création d’Alliance Loire qui, dans la foulée, a repris Rémy Pannier. La coopération au secours du négoce : Bernard Jacob vient d’imaginer un schéma inédit dans le paysage viticole régional.

S’en suit alors une présidence tournante de Rémy Pannier qui s’arrête en 2003 après la démission de Michel Boulaire. « J’ai alors pris le poste en sachant que j’allais démarrer par le plus dur, se souvient le quinquagénaire. Le climat social était très tendu et les choix stratégiques n’étaient pas viables à moyen terme. » Le jeune directeur général de 38 ans démarre alors par la mise en place d’un plan de restructuration en réduisant notamment les effectifs de 240 à 140 collaborateurs. Lors d’un entretien accordé à Rayon Boissons en 2004, il avait confié vivre des jours incroyablement difficiles.

Pour autant, son côté « très humain » d’après un cadre proche lui permet de franchir cette étape et de repartir sur de nouvelles bases. « Il a fallu changer la culture interne afin de fédérer les salariés autour d’un projet commun, expose Bernard Jacob. Pour y parvenir, il est essentiel d’aimer les gens et de faire preuve de persévérance. » La ligne directrice fera le reste.

Le choix de privilégier des marchés à plus forte valeur ajoutée permet à Rémy Pannier de se refaire progressivement une santé financière et de se lancer dans une nouvelle phase de croissance externe en 2009, date de son premier rachat via la reprise de Donatien Bahuaud. Les acquisitions vont ensuite s’accélérer (cf. Rayon Boissons de février 2016 p. 90), favorisées par l’arrivée du nouvel actionnaire Terrena en 2015. « Après la restructuration et les intégrations, je suis passé à la phase de transformation entre 2015 et 2017 pour trouver un dénominateur commun à toutes ces reprises », indique ce breton d’origine. D’où Orchidées, un groupe qui représente aujourd’hui pas loin de 300 salariés. « Une belle revanche sur le passé que de recruter à nouveau », poursuit cet ingénieur agronome.

Alors que beaucoup y verraient une forme d’accomplissement dans cette mission, Bernard Jacob n’entend pas s’arrêter en si bon chemin, bien au contraire. « 2018 marque le début d’une nouvelle ère et j’ai d’ores et déjà de nombreux projets que je souhaite mettre en place, s’enthousiasme le dirigeant. Mais il ne faut pas le communiquer aux équipes qui aimeraient bien que je ralentisse un peu. » Promis, on ne dira rien !

Chantal Sarrazin

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