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Portrait

Pierre Jean Larraqué, PDG de Larraqué Vins International

30 Juin 2017

Le négociant-propriétaire bordelais va inaugurer l’achèvement des travaux réalisés au château Le Virou, en Blaye côtes de Bordeaux. Le plus grand vignoble clos d’Europe est un pilier de la stratégie de Pierre Jean Larraqué, très attaché à la transmission familiale.

Photo DR pour Rayon Boissons

Le lieu est chargé d’histoire. Bâti au 17e siècle, le château Le Virou a d’abord été un lieu de culte où les moines venaient chercher le silence pour se recueillir. Si l’actuel propriétaire des lieux est plus du genre expressif que taiseux, il y a néanmoins trouvé les fondements de son entreprise. « Le vignoble, le plus grand clos d’Europe, représente le pilier central de ce que représente Larraqué Vins International (NDLR : LVI) aujourd’hui, avance le PDG Pierre Jean Larraqué. Il y a le patrimoine historique, l’art, la culture et la transmission. Tout ceci se retrouve bien évidemment dans le vin. »

Une pierre angulaire qu’il entend bien exposer lors du salon Vinexpo qui ouvrira ses portes à Bordeaux le 18 juin prochain. « Nous allons profiter de l’événement pour recevoir et faire découvrir à nos contacts le monastère, la chapelle ou encore deux souterrains réhabilités et transformés en chais à barriques », poursuit-il.

Pour ce Médocain d’origine, il ne s’agit surtout pas d’un aboutissement mais simplement d’une nouvelle étape de franchie, lui qui est devenu le seul maître à bord de son entreprise en 2013 (cf. encadré). Il a pris le temps de s’enrichir de ses expériences passées et des hommes du vin qui l’ont façonné, notamment « Bernard Magrez et Bernard Jeanjean », reconnaît-il.

À 57 ans, Pierre Jean Larraqué est désormais celui qui transmet. Ses quatre enfants ont ainsi intégré le groupe à des postes clefs. « Charles et César dirigent respectivement les filiales Châteaux en Bordeaux et Haussmann Famille tandis que Capucine couvre l’intégralité du back-office de la société, énonce-t-il fièrement. Quant au dernier, Simon, il vient de reprendre un master de marketing car nous devons nous donner les moyens de faire de Haussmann une marque internationale. » Une signature qui résonne à travers le monde et qu’il doit à son épouse, Nathalie, descendante du célèbre baron Eugène Haussmann. « C’est la plus belle ambassadrice de la marque », s’amuse son mari. Si la famille joue un rôle essentiel dans la bonne marche de LVI, aucune notion clanique ne s’en dégage. Pour le PDG c’est simplement un moyen de pérenniser son groupe et de travailler dans la sérénité.

60 millions d’euros de CA

Mais pour faire avancer un ensemble dont l’activité a presque doublé en cinq ans et devrait dépasser les 60 millions d’euros en 2017, la famille a bien évidemment besoin de s’entourer. « Lors de la création de LVI en 2013, j’ai aussitôt ouvert le capital aux salariés, pointe Pierre Jean Larraqué. J’aime sentir mes collaborateurs investis et je n’hésite pas à les responsabiliser en déléguant les pouvoirs. » Si en retour, ses exigences sont élevées, il se réjouit de constater que « le turnover est très faible au sein du groupe, preuve qu’il y fait bon vivre. »

Surtout, les projets sont multiples pour celui qui a fait de la notion de « récoltant » l’ADN de LVI. Si le prochain millésime sera douloureux, eu égard au gel (cf. article dans ce numéro), il va aussi marquer une nouvelle étape pour l’entrepreneur.« Nous venons de prendre une participation à hauteur de 33 % dans les Vignobles Prodimas à Massugas (33), annonce le dirigeant. Ajouté à Haussmann Cardarelli, nous allons disposer de 550 ha de sourcing supplémentaires avec la volonté d’ouvrir deux nouveaux marchés : celui des MDD et le lancement d’une nouvelle marque premium. » Pierre Jean Larraqué construit pas à pas un petit empire familial.

Frédéric Guyard

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