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Emmanuel Vasseneix, PDG de la Laiterie-Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH)

16 Décembre 2010
Photo Rayon Boissons

A la Laiterie-Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH), tout tourne autour de l’homme. « Mon père m’a dit un jour : ce qui compte, ce n’est pas le capital mais les hommes car ce sont eux qui amènent le capital », se rappelle Emmanuel Vasseneix. Depuis, le président de LSDH en a fait son credo. Et cette philosophie lui réussit plutôt bien. Sous sa houlette, l’entreprise familiale léguée par son père est devenue un acteur incontournable des BRSA en France, avec 30 % de part de marché sur les jus de fruits à marques de distributeurs via à ses trois usines à Saint-Denis-de-l’Hôtel (45), Varennes-sur-Fouzon (36) et Sarre-Union (67) et 60 % sur les soft-drinks MDD grâce à l’acquisition il y a un an de L’Abeille à Cholet (49).

Passionné

« Tout est une question de valeurs et de bon sens », indique Emmanuel Vasseneix. Débarqué à l’âge de 27 ans sur le site de Saint-Denis-de-l’Hôtel sous la direction de son père André, cet ingénieur agronome a consacré une grande partie de son énergie à cultiver l’esprit d’entreprise et à favoriser les liens sociaux avec l’ensemble de ses collaborateurs. « Nous avons installé les ressources humaines en plein milieu de l’usine pour favoriser les échanges entre les bureaux administratifs et la production », explique Emmanuel Vasseneix. Plus tard, il inaugurera la « Maison des Routiers », avec lits, télé, cuisine et douches pour le confort des chauffeurs de camions. Une première en France !

Les initiatives sociales et solidaires, qu’il a mises en place tout au long de sa carrière sur les deux sites historiques de Saint-Denis-de-l’Hôtel et de Varennes, sont ainsi très nombreuses. Des projets humanitaires en Europe et en Afrique impliquant toute l’entreprise au journal interne collaboratif, en passant par le ramassage collectif des déchets sur les berges de la Loire et l’intéressement, tous les salariés de LSDH en profite.

Partage des richesses

Pour cet industriel philanthrope de 45 ans, « l’entreprise est un lieu formidable pour responsabiliser les individus ». Ainsi, lorsqu’il décide de reprendre les usines de Sarre-Union à Eckes-Granini en avril 2008 et de L’Abeille au fonds d’investissement britannique Duke Street en décembre 2009 (cf Rayon Boissons de mars 2008 p.33 et de septembre 2009 p.47), pour se diversifier d’une part dans les jus en bocaux et d’autre part dans les boissons gazeuses, Emmanuel Vasseneix propose aux cadres dirigeants de prendre part avec lui dans le capital. Il laissera ainsi 15 % à quatre personnes de Sarre-Union et 17 % à quatre autres de Cholet. « C’est une chance inespérée pour un salarié de devenir chef d’entreprise », explique-t-il. Emmanuel Vasseneix est en effet bien placé pour le savoir. Avant de proposer ces montages financiers, il a passé dix ans de sa vie à racheter le capital de l’entreprise familiale. Laquelle a appartenu à 93 % au groupe Celia, spécialiste du beurre en poudre, pendant près de 25 ans.

Outre le fait d’avoir quasiment doublé le chiffre d’affaires de LSDH en l’espace de deux ans via ses acquisitions, Emmanuel Vasseneix est fier aujourd’hui de revendiquer que son groupe « fonctionne comme une fédération de PME ». Une logique bien différente des géants du secteur, qui courent après la massification industrielle et les économies d’échelles. Cet outil de quelques 400 millions d’euros de chiffre d’affaires, réparti au Centre, à l’Est et à l’Ouest de la France, aurait en effet pu faire l’objet de bien des restructurations aux mains d’hommes d’affaires plus pragmatiques. Mais pour Emmanuel Vasseneix, il en sera tout autrement. « Chaque entité garde son indépendance, insiste le quadragénaire. Mais beaucoup de choses vont évoluer dans les années à venir ». A terme par exemple, une ligne gazeuse, pilotée par L’Abeille, pourrait être installée à Sarre-Union. Et vice-versa pour les jus de fruits.

Pour l’instant néanmoins, l’heure est à la digestion. En plus des deux récentes acquisitions, LSDH a engagé depuis 2006 un plan d’investissements de 70 millions d’euros sur les différents sites pour développer la production et augmenter les capacités de stockage. « L’objectif à fin 2011 est que toutes nos usines soient au niveau de Saint-Denis ». C’est à dire, avec un outil industriel performant, des hommes formés, une stratégie d’innovation et surtout, une cohérence dans le management, selon les valeurs d’Emmanuel Vasseneix : « passion, ambition et humanité ».

Léa Lesurf

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