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Ce que pèsent vraiment les boissons bio en GMS [F.G.]

23 Mai 2011
Photo Rayon Boissons

C’est toute la différence entre la perception et la réalité. Vu de l’extérieur, le bio a pris une ampleur sans précédent en hypers et supers. Mais vu de l’intérieur, le « bio-business » en GMS s’avère très relatif. Selon les données exclusives de SymphoyIRI, le label AB pèse ainsi 1,9 % du chiffre d’affaires 2010 sur le total des produits de grande consommation (PGC). A ce niveau, difficile de considérer que le bio a bouleversé les habitudes de consommation des Français.

Et ce poids de 1,9 % des PGC n’est qu’une moyenne. Le détail des familles révèle en effet de fortes disparités. Le lait est par exemple très en avance avec une part du bio de 10 % sur un marché qui culmine à 1,6 milliard d’euros. Idem pour les œufs où le label AB représente 15 % des sorties sur un total de 817 millions d’euros.

A l’inverse, les boissons naviguent dans des eaux beaucoup plus calmes. C’est dans les cidres, les soft-drinks plats et les jus de fruits que les produits biologiques pèsent le plus lourd avec… près de 4 % des ventes. Une « percée » à mettre en adéquation avec les marchés en question. Mis à part les jus de fruits (plus de 1,5 milliard d’euros de CA en GMS sur le frais et l’ambiant), il ne s’agit pas vraiment des secteurs les plus influents de l’univers des liquides. Pour rappel, les boissons aux fruits plates et au thé génèrent un chiffre d’affaires total d’environ 350 millions d’euros quand les cidres pèsent moins de 100 millions d’euros. De quoi relativiser encore une fois les ventes réalisées par le bio.

Finalement, les 1,1 % générés par les produits AB sur le rayon vins tranquilles rapportent davantage avec environ 40 millions d’euros en GMS. Ce à quoi il faut ajouter la très faible participation des boissons gazeuses, des sirops ou des bières. Sur ces trois marchés, la part de l’agriculture biologique n’est tout simplement pas significative : 0,1 %. Au total, un bref calcul empirique permet d’estimer le chiffre d’affaires des liquides bio aux alentours de 120 millions d’euros. Soit une part de marché inférieure à 1 % du total des boissons. En clair, la vague verte présumée sur les boissons en GMS s’apparente pour l’instant à un léger clapotis.

Retrouvez l'intégralité de l'enquête dans le numéro de mai 2011 de Rayon Boissons.

Renseignement Anne Pillet : apillet@editionsduboisbaudry.fr

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