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Eurokin déjà en eaux troubles [Léa Lesurf]

3 Novembre 2010
(DR)

« Philippe Leclercq a signé un contrat qu’il n’a pas honoré ! », s’énerve Thierry Monnet. Le propriétaire de la Grande Source du Volcan à Aizac dans l’Ardèche est furieux. Et pour cause ! Philippe Leclercq, patron du nouveau groupe d’embouteillage Eurokin (cf. Rayon Boissons de septembre 2010, p.48) n’aurait jamais réglé le rachat de la source à ses possesseurs. Un point de vue que conteste bien entendu l’intéressé. « Les deux co-gérants [NDLR : Thierry et son frère Didier Monnet] n’ont jamais régularisé la cession auprès du tribunal de commerce », explique Philippe Leclercq. Lequel réclame le remboursement des acomptes versés.

Le démarrage du jeune groupe Eurokin se fait dans la douleur. L’été dernier pourtant, Philippe Leclercq se montrait pleins d’ambitions. Il avait en effet fait la une des journaux en affichant son objectif de devenir « le premier minéralier du Sud de la France ». Pour y parvenir, l’entrepreneur belge avait successivement fait l’acquisition des sources d’Aizac (07) en juin 2009, des Landes (40), d’Alet (11) puis d’Arvie (63), reprise à Danone en juin 2010.

Mais aujourd’hui, Eurokin nage en eaux troubles. Outre ses litiges avec la source du Volcan, le jeune groupe a également des différends avec ses fournisseurs. « Philippe Leclercq n’a jamais réglé ses dettes, indique Olivier Brami, responsable commercial d’Alpla France, leader mondial de l’emballage plastique. Il nous doit près de 200 000 euros pour des achats de préformes de bouteilles PET ». La situation est « burlesque » pour Alpla, qui fournit entre autres Coca-Cola. Mais Philippe Leclercq s’en défend. Il justifie qu’il s’agit de « livraisons défectueuses ». « Alpla m’a livré 600 000 préformes mal-formées au niveau de la bague pour Arvie. Impossible de produire de l’eau avec ! », s’exclame-t-il, procès verbal de huissier à la main.

Résultats des courses : la source des Volcans à Aizac doit déposer le bilan, Alpla a mis trois avocats sur le coup et Eurokin est assigné en justice. « C’est un choc mais je ne courberai pas l’échine », persévère Philippe Leclercq. Le minéralier entend régler ses différends et poursuivre son entreprise. Et de conclure :« J’ai acquis trois sources, Arvie, Alet et Soria, qui ont beaucoup de potentiel et je suis en pleine négociations commerciales pour 2011 ».

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