Rayon-Boissons / A LA UNE / Comment Auchan a vendu le Sociando-Mallet 2008 à 19,90 € lors des foires aux vins 2010

Comment Auchan a vendu le Sociando-Mallet 2008 à 19,90 € lors des foires aux vins 2010 [F.G.]

14 Décembre 2010
Photo Rayon Boissons

En sortant le château Sociando-Mallet 2008 à 19,90 € quand ses concurrents ont proposé les 2006 et 2007 à 28 € en moyenne, Fabrice Matysiak, acheteur vins de Bordeaux d’Auchan, a incontestablement frappé un grand coup. Pour parvenir à une telle différence de prix, l’acheteur d’Auchan a usé de tous ses réseaux tissés depuis plus d’une décennie en Gironde. Au final, pas moins de 22 négociants ont accepté de lui vendre le précieux château avec une marge quasi-nulle. Car, seule certitude, les bouteilles sont parties à 16 € HT de la propriété. Selon nos informations, les maisons de négoce les auraient revendues à environ 16,50 €. Ajouté à cela une marge brute ridicule du distributeur et la TVA, et voilà comment on arrive à 19,90 € en couverture du prospectus.

La prouesse d’Auchan a aussi été de « récolter » suffisamment de bouteilles pour en faire une promotion de dimension nationale. Pari gagné, puisque ses 22 fournisseurs lui ont permis de compiler… 80 000 cols ! De quoi réaliser la plus grosse vente de l’histoire de l’enseigne en foires aux vins.

Forcément, ce succès commercial a provoqué quelques remous en amont. Jean Gautreau, propriétaire de Sociando-Mallet, l’a appris comme les consommateurs en découvrant le tract des foires aux vins d’Auchan. « La surprise a été de taille. Cela montre bien que nous n’avons pas la main sur les prix de nos vins, précise le très respecté octogénaire.

Dans les enseignes concurrentes, on a plutôt du mal à digérer. Notamment chez Leclerc, où la notion de compétitivité prix est inscrite dans les gênes de l’enseigne. « Nous ne somme pas prêts de proposer à nouveau du Sociando-Mallet dans les magasins Leclerc », prévient très clairement Jean-Luc Roché. Carrefour a lui aussi la rancune tenace vis à vis de Sociando-Mallet. « Nous allons finir d’écouler nos stocks et l’oublier quelques temps », menace-t-on aux achats de l’enseigne. Le château, qui écoule une bonne partie de sa lourde production (450 000 bouteilles) en foires aux vins, pourrait payer cher une offre dont il n’est pas responsable.

Retrouvez l'intégralité de l'enquête dans le numéro de décembre 2010 de Rayon Boissons

Le magazine du mois